Une gestionnaire de paie qui est montée dans le train de l’évolution des ressources humaines tout au long de sa carrière
Paie, SIRH, logiciels, ou intelligence artificielle tous ces mots ont été cités par Jennifer M., 39 ans, qui en a vu des changements dans son métier de gestionnaire de paie ce qui le rend passionnant.
Les premières évolutions qu’elle retient sont sûrement la loi, les réglementations, le droit des salariés. Jennifer a tout d’abord appris les bases dans son parcours universitaire. À 18 ans, elle commença son DUT Gestion des Entreprises et des Administrations à Calais, elle raconte encore ces années avec beaucoup d’enthousiasme pour sa découverte des cours de comptabilité, gestion ou encore de création d’entreprise. « Ce fut une bonne surprise pour moi, ma bonne étoile, je suis bien tombée. La 2e année, je me suis donc spécialisée en sciences humaines et c’est là où j’ai vu un peu la paie, je me suis dit « pourquoi pas continuer en RH ».

C’est ce qu’elle fait en poursuivant sur une licence LSG (Science de Gestion), puis un master 1 Métier du Conseil cette fois-ci à Boulogne-sur-Mer, plus poussé vers la comptabilité, les ressources humaines et l’analyse financière. Elle arrive ensuite à Nantes en 2007 pour son master 2 en Droit social et management des ressources humaines à l’IAE de Nantes.
Ces études lui ont donc permis de travailler en qualité de gestionnaire de paie où elle a pu voir des changements pour s’aligner sur les nouvelles règles de gestion sociale avec dernièrement celles de l’Union européenne. Presque tous les six mois de nouvelles règles sortent comme celles sur les congés payés, la maladie, le décompte des heures supplémentaires pour suivre les directives européennes. Toutes ces modifications ont donc un impact sur le paramétrage des logiciels, il faut chercher à adapter les outils. Et c’est cette évolution du métier que Jennifer aime beaucoup : comprendre, chercher, paramétrer, elle en parle avec une réelle passion.
Les transformations du métier de gestionnaire de paie passent aussi par ses outils principaux : les logiciels. Comment ils évoluent en fonction des temps, différemment en fonction des entreprises. Jennifer a d’abord commencé sa carrière en 2009, en CDD, puis CDI à la suite de son stage de fin d’études chez DB Schenker, elle y a découvert un processus stable pour apprendre les bases. Elle a ensuite essayé tout au long de sa carrière de multiplier les expériences dans différentes tailles de structures, conventions collectives et logiciels.
Elle est aujourd’hui à la SCA Ouest (Société Coopérative d’Approvisionnement de l’Ouest de E.Leclerc) depuis 2023. Le SIRH y est très développé avec une multitude de logiciels comme Kelio (logiciel de gestion du temps) ou encore Silae (logiciel de paie). Récemment, le logiciel d’Onboarding Quarks’up s’est ajouté au processus « Je trouve ça hyper intéressant de comprendre comment ils communiquent entre eux ».
Le métier ne change pas que derrière les ordinateurs, mais aussi dans le social « les jeunes n’hésitent pas à prendre contact directement avec le service paie ». Le métier s’ouvre aux salariés, il est aujourd’hui très fréquent de les avoir au téléphone. Jennifer a désormais une nouvelle casquette de pédagogue pour expliquer les bulletins de paie. Ce changement ne la dérange pas, car elle aime le contact humain. C’est pour cela qu’elle a d’abord voulu s’orienter vers le métier d’infirmière après le bac. Cependant, la démarche n’aura finalement pas abouti, elle se tourna alors vers le DUT GEA puis vers la spécialisation ressources humaines qui combinait les chiffres et le contact humain. Aujourd’hui, les besoins des salariés permettent à Jennifer d’expliquer et donner du sens, apporter le maximum d’information est important pour que le salarié comprenne son bulletin.
Concernant le futur, Jennifer n’en a pas peur : « l’IA ça peut vraiment être un bon allié ». Quand certains ont peur de l’arrivée de l’intelligence artificielle, Jennifer voit un levier pour son métier : « Je trouve ça bien parce que notre métier est très compliqué et si on peut être aidé par l’intelligence artificielle. Elle est la bienvenue pour stabiliser des environnements qui sont aujourd’hui très changeants ». D’après ses recherches personnelles l’IA serait mise en place pour alerter sur des situations de paie à réétudier. Elle pourrait aider dans la complexité des saisies des variables de dernières minutes qui peuvent être source d’incohérence. L’IA pourrait alors « servir le salarié » et apporter flexibilité, sécurité et stabilité dans le métier.
Elle n’est pas inquiète pour l’avenir de sa profession qui pourrait avoir une réputation de « clic bouton », quand on connaît un peu mieux le métier, on se rend compte que beaucoup de choses sont encore faites manuellement ce qui donne encore de belles années au métier de gestionnaire de paie.
Jennifer voit son avenir professionnel avec l’évolution des technologies. En poussant encore plus les portes du SIRH dans une grande société. Mais elle pourrait aussi mettre une nouvelle casquette de manager, celle de responsable paie.
- 2004 Entrée en DUT GEA
- 2008 Premier poste chez DB Schenker
- 2023 Arrivée à la SCA Ouest
Ilona Guillon

