En troisième année de BUT GEA, l’inquiétude de l’orientation post-diplôme est bien réelle. Alors que l’entrée en Master universitaire et en École de Commerce devient de plus en plus difficile, beaucoup d’étudiants misent sur le départ à l’étranger pour faire la différence. Mais au-delà de la belle expérience humaine, est-ce vraiment utile pour la suite de nos études et notre carrière ? Enquête sur les bénéfices concrets de ces mobilités, pilotées par l’IUT de Nantes.
C’est un constat que tous les étudiants de troisième année partagent : avoir le diplôme ne suffit plus toujours pour obtenir le Master de ses rêves. Dans un contexte où les candidats sont nombreux, il faut réussir à sortir du lot. L’expérience internationale, qu’on voyait parfois juste comme une année de « pause » ou de tourisme, est aujourd’hui devenue un atout stratégique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Agence Erasmus+, le taux de chômage des étudiants partis à l’étranger est inférieur de 23% cinq ans après l’obtention de leur diplôme par rapport à ceux qui sont restés en France. Pour les étudiants en GEA, partir répond donc à un objectif précis : sécuriser son avenir. Mais une fois rentré à Nantes, que reste-t-il vraiment de cette expérience ?
Un avantage décisif pour les dossiers de Master
Le premier bénéfice est très clair : c’est un accélérateur pour la poursuite d’études. Les responsables de recrutement en Master et dans les Grande École cherche des profils capables de s’adapter. C’est avec cet objectif que Baptiste H., étudiant en BUT GCFF, est parti étudier à Carlow, en Irlande. Il ne voulait pas seulement améliorer son anglais, mais obtenir un double diplôme, le International Business de l’université SETU Carlow en même temps que son BUT GEA.
« L’objectif est d’obtenir un double diplôme, ce qui est une vraie opportunité à mon âge pour se démarquer des autres dossiers », explique-t-il. Ce choix est astucieux : les certifications comme celles de Cambridge English sont reconnues par 100% des universités au Royaume-Uni et en Irlande, ce qui valide automatiquement son niveau pour n’importe quel master international. Le système anglo-saxon, plus axé sur la pratique et l’autonomie, prépare ainsi aux attentes des grandes écoles.
L’école du terrain : développer ses « soft skills »
Si les notes et les diplômes sont importants, l’aspect humain l’est tout autant. Les entreprises recherchent aujourd’hui des personnalités capables de s’adapter à toutes les situations. C’est ce qu’on appelle les soft skills. Toujours d’après l’Agence Erasmus+, 92% des employeurs recherchent précisément ces compétences transversales (curiosité, confiance en soi, résolution de problèmes) que l’on développe lors d’une mobilité.
Loin de ses repères nantais, l’étudiant doit faire preuve de débrouillardise immédiate. Comme le confirme le site L’Étudiant, cette expérience offre un véritable gain en autonomie très recherché. Mon propre stage de fin de deuxième année chez Veolia Services Southern Africa, à Johannesburg, en est la preuve. En Afrique du Sud, la compétence technique ne suffit pas, il faut comprendre la culture locale. J’y ai découvert un management que je décrirais comme plus spontané, davantage basé sur les relations humaines que ce que l’on connaît en France. S’intégrer dans une équipe multiculturelle demande de savoir écouter et de faire preuve d’humilité.

Ce constat est partagé par les étudiants en échange universitaire. Baptiste remarque qu’en Irlande, il est facile de rester entre Français. Pourtant, la vraie valeur ajoutée vient de l’effort d’aller vers les autres. Cette ouverture d’esprit est une qualité essentielle pour les recruteurs, car elle montre qu’on sera capable demain de travailler avec des équipes variées.
L’IUT : un filet de sécurité indispensable
Cependant, partir ne s’improvise pas. Entre la recherche du stage, les visas et le coût de la vie sur place, le projet peut vite devenir compliqué. C’est là que le rôle de l’IUT de Nantes est central. L’école n’est pas seulement un lieu de cours, c’est une plateforme qui sécurise nos départs.
Madame Legallo, responsable des relations internationales, insiste sur le choix offert aux étudiants de GEA : « Nous encourageons fortement nos étudiants à vivre des expériences à l’international (…) L’IUT propose une grande variété de programmes : doubles diplômes, mobilités au Canada, en Finlande, au Royaume-Uni ». Cette organisation permet d’éviter les mauvaises surprises et garantit que le semestre sera bien validé au retour.
Mais l’accompagnement est aussi financier. Monter un dossier de mobilité est complexe. L’aide de personnes dédiées, comme Lucie Morand au service des relations internationales, est souvent déterminante. Dans mon cas, son aide sur les dossiers de bourse régionale et Erasmus+ a permis de sécuriser le budget de mon stage en Afrique du Sud. Ce soutien administratif transforme un projet personnel parfois risqué en une expérience professionnelle validée.
Ainsi, la mobilité internationale en BUT GEA est bien plus qu’une parenthèse. C’est une étape clé pour grandir. Elle permet de solidifier son dossier scolaire pour viser les meilleurs Masters, tout en forgeant le caractère. Pour reprendre les mots de Baptiste : « Sans le BUT et cet accompagnement, je ne vivrais probablement pas tout ça aujourd’hui ». Une preuve que l’IUT reste un tremplin efficace pour l’avenir.
Alban Flichy

