Félix M. incarne le choix d’un engagement professionnel responsable et porteur de sens, au service d’un cadre solidaire plutôt qu’une carrière toute tracée.
À 34 ans, Félix M. est un homme qui a délibérément choisi l’engagement au détriment d’une carrière tracée dans l’univers impitoyable de l’expertise comptable. Il est aujourd’hui Responsable Administratif et Comptable (RAC) de l’association Adelis et père d’une petite fille. Il a bâti son parcours sur un principe fort : devenir «acteur» de son travail. Il y a quatre ans, cette quête l’a mené à cette association de 95 salariés d’abord comme gestionnaire comptable, avant de prendre la tête du service il y a deux ans.

Chaque matin, sa motivation repose sur une double exigence : être stimulé intellectuellement par des projets à moyen et long terme, tout en assumant un niveau de responsabilité que peu de postes offrent. Loin de se plaindre de la pression, il puise au contraire son énergie dans la possibilité d’avancer sur des projets à moyen et long terme. « Mes objectifs et mes possibilités d’évolutions m’aident à me lever le matin ». Comme il le reconnaît lui-même, son rôle au sein de l’association est primordial pour assurer la bonne articulation de l’activité. Ce poids, loin de le paralyser, donne paradoxalement du sens à sa fonction, d’autant plus qu’il évolue dans un environnement qu’il juge plus solidaire et bienveillant que ceux qu’il a connus auparavant. « À Adelis, l’atmosphère bienveillante est également une source de motivation ». Sa décision de quitter le cabinet dans lequel il était auparavant s’inscrit ainsi dans la volonté de travailler dans un cadre où l’on se sent davantage acteur.
Le service qu’il dirige constitue un rouage essentiel du fonctionnement de l’association. L’organisation du service administratif et comptable s’articule autour d’un « noyau » central, composé d’une équipe comptable au sein de laquelle chaque membre possède une spécificité. Cette équipe est notamment chargée de la répartition du travail, en particulier pour la clôture des comptes et la gestion de la paie. Autour de ce noyau gravitent les directeurs généraux ainsi que les instances de gouvernance (commissions, etc.), dont le rôle est de garantir la stabilité et la pérennité de la structure.
En tant que RAC, Félix est le principal acteur responsable de la stabilité financière. Ses missions couvrent tout le spectre financier : elles incluent l’établissement du budget, le contrôle de gestion avec des reporting ou des situations/atterrissages, sans oublier les travaux administratifs vitales pour les « déclarations pour des subventions ». C’est un rôle très important pour la structure. L’une des plus belles victoires professionnelles fut la première fois qu’il a réalisé un budget tout seul, un souvenir qui reste « très gratifiant » et qui lui a permis de comprendre davantage l’importance d’un budget.
Avant Adelis, Félix Monnier a côtoyé l’exigence des cabinets d’expertise comptable notamment à KPMG. Il considère cette période comme une expérience très formatrice en terme de technique mais très stressante . Cette étape lui a permis de côtoyer une diversité de structure de la boîte coopératives, associations, banques, PME… Il y a acquis l’expertise technique nécessaire et estime avoir « vu ce qu’il y avait à voir » , mais y a également trouvé un point négatif majeur : le déséquilibre dans le rémunération par rapport à l’investissement personnel et professionnel.
Son choix de travailler dans une association n’a pas diminué sa charge de travail, bien au contraire. Techniquement, il ressent les mêmes responsabilités qu’il aurait eue en cabinet. Toutefois, il note une différence notable dans l’humain et l’impact : en cabinet, il avait moins de poids dans la décision sur le résultat final du client. Celui-ci revenait plutôt aux managers ou expert-comptable. En association, l’impact est direct et la faute peut mettre en péril l’association. De plus, il note que le management est beaucoup plus dur en cabinet que dans le cadre plus solidaire d’Adelis. C’est en faisant ce choix qu’il a pu réaliser son souhait de travailler dans un cadre davantage bienveillant et le solidaire.
Félix est un professionnel qui prend plaisir à transmettre. Il accompagne des alternants, et dans ce rôle de mentor, il trouve son compte dans la transmission de connaissances et dans l’accompagnement de l’étudiant. S’il devait donner un conseil à un jeune débutant dans le domaine, il serait simple mais essentiel : « prendre du recul sur le travail effectué ».
Face à la pression quotidienne, il a trouvé ses échappatoires. Il gère les moments difficiles, tant professionnels que personnels, « par le sport et le fait de savoir déconnecter à la maison ». Ses défis d’aujourd’hui s’inscrivent dans une ambition double : il aspire à la fois à des perspectives d’évolutions comme directeur général à long terme par exemple et à relever le défi personnel d’élevé sa fille atteinte d’un TDAH. Une trajectoire qui prouve que l’engagement de Félix Monnier ne se limite pas aux comptes de l’association, mais englobe l’ensemble de ses objectifs professionnels et ses responsabilités familiales.
Ilyes Hba-Guilbaud

