OLIVIER, le chef d’orchestre industriel

Enseignant-chercheur, chef de département et passionné par l’industrie, Olivier évolue depuis plus de vingt ans à l’IUT de Nantes. Reconnu pour son énergie, son exigence et son humour, il raconte ici son parcours, ses missions et sa vision de l’enseignement technologique.

Un présent qui fait du bruit

Dans les couloirs du département GMP, on l’entend arriver. Sa voix porte, son pas est rapide. Il se décrit simplement : « bruyant, grand, brun ». Ses collègues, eux, disent qu’il est « fatigant ».

Aujourd’hui, il est maı̂tre de conférences, chercheur au LS2N (équipe CPS3) et chef du département GMP. Entre cours, réunions et décisions à prendre, ses journées sont chargées : « 7h30–19h, une centaine de mails, 6 à 8 réunions, 1 à 2 cours, et une quinzaine de dossiers ».

Flashback : un parcours logique

Après des classes préparatoires à Vannes, il intègre l’ENS Cachan puis revient à Nantes pour une thèse au département QLIO (ex-OGP : Organisation et Génie de la Production ). Il évoque son directeur de thèse comme la figure la plus marquante de son parcours.

En 2004, il arrive à l’IUT de Nantes. En 2008, il est recruté comme maître de conférences en GMP. « Ce qui m’a donné envie de rester, c’est la possibilité de travailler avec l’industrie ».

Des cours ancrés dans le réel

Il enseigne la productique, l’organisation industrielle, l’automatique et la robotique. Il exige un comportement irréprochable mais reste compréhensif envers les difficultés personnelles. « J’essaie toujours de trouver un équilibre ».

Il aime particulièrement créer des projets concrets, même si concevoir des TP vraiment réalistes reste un défi.

Chef de département : une mécanique bien réglée

Son rôle couvre : gestion du budget, organisation administrative, recrutement, RH, jurys, prospective, relations avec la direction, pilotage des enseignements et coordination nationale des GMP.

Des liens réels avec GEA

Ses interactions avec GEA restent limitées au quotidien, mais il connaît le département davantage qu’il ne le pense. Le Createch’IUT, qu’il co-organise, est l’un des rares moments où étudiants GEA et GMP travaillent vraiment ensemble : deux jours intenses où les compétences se croisent, où la logique industrielle rencontre la logique gestionnaire. « Même si c’est court, on voit vite que les étudiants GEA ont une vraie capacité d’organisation et une aisance dans la coordination ».

Il insiste sur un point souvent méconnu : les ERP (Enterprise Resource Planning ou Progiciel de Gestion Intégré), utilisés en GMP comme en GEA, constituent un véritable pont entre les deux formations. « Les outils ne sont pas les mêmes, mais les méthodes, les données, les objectifs… tout ça se recoupe énormément ».

Il voit aussi le BUT GEA comme une formation essentielle pour le territoire : attractive, accessible, et structurante pour des étudiants issus de parcours variés. « Les IUT ont cet avantage : ils forment des professionnels concrets, et GEA participe pleinement à cet équilibre entre technique, gestion et pilotage ».

S’il ne se prononce pas sur des qualités “typiques” des étudiants GEA — par prudence, dit-il — il reconnaît que leurs thématiques (gestion, RH, pilotage, optimisation, relation fournisseur…) sont profondément liées aux réalités industrielles qu’il connaît.

Son conseil à un étudiant GEA qui doute : « Travaillez. Pour avoir le choix, il faut s’en donner les moyens ».

Regards sur l’évolution de la gestion

Pour lui, l’avenir repose sur deux axes : plus de flexibilité RH et une relation client-fournisseur plus réactive. Il souligne aussi la complémentarité entre gestion et technique : « C’est indispensable pour les débouchés et pour répondre aux besoins du territoire ».

Souvenirs marquants et identité sonore

Son meilleur souvenir reste la première finale de Course en Cours, le premier évènement d’Olivier après un an de préparation : « L’ambiance était magique ».

Le son de l’IUT selon lui : « Le bruit de l’atelier : éclats de voix, usinage, découpe jet d’eau, disqueuses… un vrai orchestre industriel ».

Et s’il devait choisir un lieu préféré à l’IUT, ce serait sans hésiter la salle de réunion D-108, un espace qu’il apprécie particulièrement pour son atmosphère et les échanges qui s’y déroulent.

En dehors du travail, il cuisine, fait un peu de sport, et dit regarder les autres en faire. Il admet que la cuisine est une passion que peu lui connaissent.

Un lieu qui lui ressemble

Il dit avoir choisi ce métier pour éviter la routine. Avec la diversité de ses missions, il semble avoir réussi. Lorsqu’il traverse les couloirs du département, qu’on l’entend avant de le voir, on comprend que l’IUT est un endroit où il se sent à sa place : vivant, concret et toujours en mouvement.

Repères — Dates clés

  • 2004 : Arrivée à l’IUT de Nantes
  • 2008 : Recruté comme maı̂tre de conférences en GMP
  • Depuis : Chef du département GMP et enseignant-chercheur (LS2N – CPS3)

 

Cloé Letourneur